Ruses et tromperies légales.

Posted in Limited Information on 12 Février 2007

By Wizards of the Coast

Il s’agit d’un sujet hebdomadaire intéressant pour un site Web dédié à Magic. Au premier abord, le bluff n’a rien à voir avec le déroulement effectif d’une partie de Magic. N’importe quel joueur peut remporter quantité de parties sans jamais avoir recours aux ruses et aux pièges. Certaines personnes vont même jusqu’à penser que bluffer dévalorise le jeu, une opinion à laquelle je répondrai d’ici peu. À mon avis, et principalement dans les formats limités, le bluff fait partie de l’essence même de Magic. C’est une des raisons pour lesquelles Magic n’est pas simplement un jeu de cartes, mais un jeu de stratégie.

Rathi_Trapper Avant de discourir plus en détails sur le bluff, définissons les termes. Qu’est-ce, exactement que mettre en place un bluff / préparer un piège / user de tromperie etc. lors d’une partie ? Bien que ces termes signifient des choses légèrement différentes, ils sont tous liés au même concept : la désinformation. Contrôler l’information est source de pouvoir… à Magic comme ailleurs. C’est en fonction de l’information que votre adversaire va prendre ses décisions, et c’est grâce à votre désinformation que votre adversaire va faire ce qui vous arrange. Si un Esclavagiste d’âme perpétuel ne vous plaît pas spécialement, alors cette semaine n’est peut-être pas faite pour vous.

Avant de détailler l’art du bluff, j’aimerais répondre aux opposants de ce que l’on appelle « la guerre psychologique ». Il y a des gens qui pensent que le bluff et la psychologie n’ont pas leur place dans une partie normale de Magic, que les cartes devraient parler d’elles-mêmes. Telles que je vois les choses, leur argument est que le jeu devient plus une question de personnalités que de cartes. Cet argument est acceptable, mais seulement dans des cas extrêmes. Comme je l’ai dit, Magic est un jeu de cartes tellement phénoménal justement parce que les joueurs peuvent anticiper plus loin que leur prochaine pioche. Il est passionnant d’avoir des ressources autres que celles que l’on engage pour du mana.

Lorsque les deux joueurs sont de niveau équivalent, ou (tout particulièrement), lorsque l’un des joueurs a un deck largement moins fort, il est sympathique d’avoir quelque chose d’autre pour faire pencher la balance. Comme du bluff et de la désinformation qui auront une influence directe sur l’issue d’une partie. Je ne mépriserai jamais quelqu’un parce que son style de jeu correspond à ce qui lui plaît, mais, personnellement, je n’aime pas être dépendant à 100% de ce qui va se passer lors de la phase de pioche suivante. Quel que soit votre point de vue, plus vous irez loin lors des tournois, plus vous devrez vous confronter au bluff et aux ruses psychologiques. Si vous n’avez pas envie d’utiliser vous-même ces techniques, vous devez au moins être prêt à affronter ceux qui le font.

Une fois de plus, tout est question d’information. En fait, de l’absence d’information ou de son inexactitude. Fondamentalement, un bluff consiste à fournir à votre adversaire une information qui l’amènera à agir d’une façon contraire à son intérêt. Le concept de base est que votre adversaire agirait différemment s’il avait accès à une information parfaite (votre main, vos créatures mue, etc.). Votre boulot est de lui distiller un savoir erroné. Bien entendu, vous ne voulez pas que votre adversaire se rende compte que vous lui distillez quoi que ce soit. La ruse consiste à fournir les pièces d’un puzzle que votre adversaire assemblera de lui-même. Vous ne lui fournissez pas la conclusion sur un plateau, mais l’information qui lui permettra d’arriver à cette conclusion.

La plupart de ces pièges consistent à manipuler soit de l’information intemporelle et générique, soit de l’information spécifiquement collectée au cours du match. Pour nos amis les fans d’épistémologie, cela revient à différencier la connaissance a priori de celle a posteriori. Ainsi, un bluff a priori serait de faire semblant d’être énervé par une carte adverse (comme Colère de Dieu ou Barbelure de mana) alors que vous êtes, en réalité, content de la voir. Un bluff a posteriori consisterait à utiliser Pisteur des rêves pour remonter un Voyant des fonds marins, avant de poser, face cachée, un Parasite forgeur. Dans les deux cas, vous fournissez à votre adversaire une information erronée. Dans le second exemple, votre adversaire sera moins tenté de jouer Mort sur votre mue, ce qui vous donnera du temps pour utiliser le +2/-2 le mieux possible. Ces termes théoriques ne veulent pas dire grand chose en tant que tels, mais comprendre comment l’information est traitée est l’élément essentiel de la réalisation d’un bluff. En fait, si je devais résumer l’art du bluff en une seule phrase, cela donnerait une phrase très simple :

Savoir à qui vous vous adressez.

Ce concept est gigantesque, et pas seulement pour le sujet qui nous intéresse. En tant que rédacteur, je veux toujours savoir à qui je m’adresse, afin de m’adresser à eux de façon plus adéquate. Parce que les lecteurs de magicthegathering.com constituent une communauté éprise de Science fiction et de jeux vidéo, je sais qu’une référence à Mario Bros fera mouche. Si je me trompe en faisant une référence aux mathématiques, il y aura toujours quelqu’un pour me le faire remarquer. En fait, ce concept simple s’applique un peu partout. Demandez à un comédien ou à un vendeur, ils vous diront la même chose. Vous devez savoir à qui vous vous adressez pour pouvoir les atteindre. A Magic, connaître votre adversaire est déterminant pour savoir si vous devez tenter un bluff et comment vous devez le tenter.

Shivan Dragon
Five is bigger than four.

Par exemple, ne bluffez jamais face à un débutant. Voici une histoire personnelle à ce sujet. J’initiais alors un ami à Magic et après quelques heures d’explications et d’entraînement, nous étions prêts à commencer notre première partie. Mon ami avait eu la bonne idée d’ouvrir et de poser Dragon Shivân dans son paquet scellé. A ce moment, le mieux que pouvait proposer mon deck était un Élémental d’air. Pas une mauvaise carte, mais certainement pas un dragon. Sachant que bloquer était inutile et que ma seule chance était de courir plus vite, j’ai attaqué avec l’Élémental, considérant que mon ami n’allait pas risquer son Shivân contre une potentielle Croissance gigantesque. À mon grand dam, il a regardé mon Élémental d’air, puis son Shivân, et a bloqué. J’ai alors immédiatement réalisé mon erreur. Mon ami, tout nouveau à ce jeu, n’avait jamais entendu parler de Croissance gigantesque et des cartes de ce style. Tout ce que voyait mon adversaire, c’est que 5>4. Pas de question à se poser, donc. J’ai perdu cette partie, comme on me l’a ensuite rappelé à de multiples reprises pendant des années. Mais j’étais le seul responsable. J’avais oublié que, si un joueur expérimenté aurait pu prendre 4 points de dommage pour en mettre 9 plus tard, un néophyte ne penserait pas aussi loin.

Comprendre votre adversaire ne se limite pas à évaluer son niveau de jeu, une donnée grossière et imprécise au mieux. Il faut déterminer ce à quoi il accorde de la valeur. Votre adversaire n’aime pas que ses créatures meurent ? Attaquez avec des créatures plus petites, il ne prendra pas le risque d’interposer ses grosses bêtes. Votre adversaire a horreur de prendre des dégâts ? Faites le choix contraire et attendez d’avoir soit un boost, soit une créature plus grosse que les siennes. Vos adversaires sont rarement des joueurs parfaits et leurs points faibles sont des vulnérabilités que vous pouvez exploiter. Mettre en place un piège n’est pas dépendant de qui vous êtes mais de qui est votre adversaire. Observer son adversaire pendant tout le déroulement d’un match est source de nombreux bénéfices comme, entre autres, déterminer ses manies et habitudes dont vous pourriez tirer profit. Souvenez-vous que ce n’est pas parce que vous accordez de l’importance à certaines choses plutôt qu’à d’autres que votre adversaire fera pareil.

Une fois que vous avez cerné les inclinaisons naturelles de votre adversaire, l’étape suivante consiste à modifier son jugement. Ce n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air. Si vous gagnez une partie grâce à une créature artéfact solide, regardez s’il ne saute pas immédiatement sur sa réserve pour changer deux ou trois cartes. S’il le fait, il peut être malin d’enlever l’artéfact en question. La carte que vous avez utilisée pour remporter une partie sera toujours celle qui restera le plus à l’esprit de votre adversaire. La désinformation vient du présupposé que l’on gardera forcément dans son deck une carte qui a fait gagner une partie. Vous pouvez même en rajouter une couche en rappelant à votre adversaire combien le Messager transguilde / Mirari / Mante-Machine a été impressionnant. Posez un piège, peut-être marchera-t-il dessus.

Peel_from_Reality Un autre exemple ? La partie qui a initialement inspiré cet article a eu lieu il y a bien longtemps lors du LI Champs Adventure de l’année dernière. Dans l’article que j’ai fait à ce sujet, j’ai parlé d’un match contre Gavin ‘’Lasurgo’’ Verhey. Durant les deux premières parties, Gavin avait réussi des choses pour le moins impressionnantes avec Épluchage de réalité. Dans la troisième partie, j’ai contourné cette carte autant que possible en évitant de jouer des cartes de gestion sur ses créatures jusqu’à ce tous ses manas soient engagés ou qu’il joue Épluchage de réalité. En essayant de ne pas tomber dans le piège de cet éphémère bleu, je suis parvenu à remporter la troisième partie et donc le match. Ensuite, Gavin m’a montré sa main : quelques créatures, Épluchage de réalité et un très surprenant Bain de lumière. J’ai alors expliqué à Gavin qu’il avait fait une erreur dans ce match, dans la mesure où il avait oublié que je ne savais pas qu’il avait un Bain de lumière dans son deck. De son point de vue, je n’ai jamais engagé tous mes manas, ce qui ne lui a laissé aucune occasion de jouer l’une ou l’autre de ses deux cartes. De mon point de vue, j’attendais juste que l’Épluchage de réalité soit passé. S’il l’avait joué plus tôt dans la partie, je peux garantir je serais rentré dans Bain de plein fouet. Malheureusement, Gavin n’a pas cherché à se mettre à ma place, ce qui lui a coûté la partie. À partir du moment où vous commencez à regarder votre main tout en vous imaginant à la place de votre adversaire, c’est un peu comme si vous maîtrisiez les deux facettes de la partie. Ce qui, nécessairement, va augmenter vos chances de victoire.

Avant d’aborder la touche finale de notre discussion, j’aimerais clarifier un point : pourquoi essayer de bluffer ? Pour faire court, la réponse est très simple : cela augmente vos chances de gagner. La seule vraie raison qui pousse quelqu’un à accepter un pari est qu’il pense que les probabilités sont en sa faveur. Je dis cela pour deux raisons. D’une part, les situations dans lesquelles un bluff ou un piège est bienvenu sont plus courantes qu’on pourrait le croire. D’autre part, dans la majorité des cas, la meilleure façon de jouer reste la façon la plus évidente. Bluffez quand vous devez le faire, jouez normalement le reste du temps. Pourquoi préciser tout cela ? Parce qu’il y a des personnes qui n’ont pas besoin de beaucoup d’encouragements pour poser des pièges.

Flight_of_Fancy Au Poker, ce jeu que l’on appelle ‘’L’autre jeu’’, il y une maladie connue sous le nom de FPS (Pour Fancy Play Syndrome, Syndrome du jeu qui en jette). Le FPS pousse à faire des choix complexes et impressionnants simplement pour avoir le plaisir d’être un être brillant et remarquable plutôt que pour gagner plus d’argent. Une superbe relance du triple du pot jetée sur la table avec classe et fermeté peut avoir l’air cool et impressionnante. Pourtant, si vous aviez pu gagner plus d’argent avec des mises plus discrètes, c’était une erreur. Malgré cette vérité indéniable, des joueurs de poker se complaisent dans la complexité inutile. Les raisons pour ces comportements varient mais, d’après mon expérience, elles peuvent toutes se résumer par : parce que c’est possible. C’est-à-dire que la personne est fière de ses talents de manipulateur et veut les utiliser autant que possible. Le problème avec cette attitude est simple. Une fois de plus, si cela ne vous permet pas d’optimiser vos probabilités de gains, ce n’est rien d’autre qu’une erreur de choix. Il y a des moments où le choix déraisonnable est le bon choix, mais les gens qui souffrent de FPS en font simplement trop dans des situations qui ne s’y prêtent pas.

Il y a des parallèles à faire avec Magic. Des personnes – que vous connaissez peut-être – vont tenter de bluffer et de tromper autant qu’il est humainement possible. Lors d’un tournoi qualificatif en limité, quelqu’un de ce style va se vanter bruyamment d’avoir plein de rares surpuissantes, ou il va mentir sur les couleurs qu’il joue. C’est le genre de joueur qui va faire semblant de commencer à engager deux Îles avant de finalement laisser un sort se résoudre. À chaque fois !

Tour 47

Le gentil : ‘’je vais engager une de mes 29 Forêts pour jouer un Elfes de Llanowar, alors que tu as en jeu trois Sorcier sybarite, deux Flèches barbelées et un Empois vorace.’’

Le méchant : “Hmmmmm...”

Cinq minutes plus tard...

Villain: “Soit. J’y consens.”

Ou:

“* Mentir à votre adversaire à propos de la situation de la partie est une violation des règles de la DCI. Ceci inclut (sans y être limité) mentir à propos de vos points de vie, de si vous avez joué un terrain ou non durant un tour, de la force et de l’endurance d’une créature lourdement enchantée, etc. Bluffer est autorisé par les règles. Tricher ne l’est pas.”
Tour 10

Le gentil : “Tu es à 1 point de vie, n’est-ce pas ?”
Le méchant : “Non. Enfin, je veux dire, oui.” *
Le gentil: “Tous tes manas sont engagés et tu n’as pas de carte en main ?”
Le méchant: “Il semblerait.”
Le gentil : “Ok, je vais jouer Rage selon Urza sur toi.”
Le méchant: “Bon...”
Le gentil: “Avec le kick.”
Le gentil : “Avec Vortex sulfureux en jeu.”
Le méchant : “Hmmmmm...”

Cinq minutes plus tard...

Le méchant : “Soit, j’y consens.”

On pourrait croire que ces exemples sont délirants, sauf que vous connaissez probablement quelqu’un exactement comme notre méchant ! Dans certains cas, il ne s’agit plus de remporter la victoire mais de valoriser son ego. Magic (comme le Poker) attire des gens qui ont envie de prouver leur valeur intellectuelle. Assez ironiquement, ces personnes finissent en général par ressembler à des crétins, mais c’est un autre sujet. L’enseignement à retirer de tout cela est : ne soyez pas cette personne ! Cette semaine est dédiée au fun et aux meilleures techniques pour mettre en place des pièges. Faites- moi confiance, il y a de multiples opportunités de bluffer à Magic sans avoir recours à des pirouettes théâtrales ridicules.

La raison pour laquelle il faut éviter le FPS à Magic est double. Tout d’abord, vous finirez toujours par avoir l’air d’un crétin. Plus important, vous perdrez de vue le but essentiel du bluff, qui consiste à conduire son adversaire à deviner ce que l’on veut. Au lieu de développer la confusion, vous engendrez l’indifférence. Il y a peut-être un intérêt stratégique à ennuyer à mourir un adversaire, mais vous perdrez sans aucun doute l’espoir de l’amener à des conclusions erronées. Or, fondamentalement, c’est en faisant cela que l’on met en place un piège.

Pour conclure et pour illustrer la théorie avec un peu de pratique, voici une liste de quelques-unes de mes ruses préférées. Erik lauer, couvre tes yeux d’un voile pudique.

Ruses de Sioux au pays des Mues

Les mues, par essence, sont des outils parfaits pour toutes sortes de ruses diverses et variées. En gardant cela à l’esprit, que feriez-vous dans la situation suivante ?

Adversaire : 2x Montagne (engagées), Forêt (engagée), Askari de la lame brûlante (dégagé)
Vous : 2x Île (engagées), Forêt (engagée), Changeforme Vesuvéen face cachée (dégagé)
En main : Hydre mécanique, 2x Forêt, Shamane Nantuko, Charme d’Évolution

La grosse question pour votre adversaire est de déterminer ce qu’est la mue. Vous n’avez pas vraiment envie qu’il sache qu’il s’agit de l’excellent Changeforme vésuvéen, mais comment le piéger ? Dire ‘’Ceci n’est pas Changeforme vésuvéen’’ est d’une efficacité que je vous laisse imaginer. En conséquence, laissez vos actions parler à votre place. Dans le cas présent, la solution est simple. Jouez une forêt, engagez tous vos terrains pour mettre en suspension un Shamane Nantuko et attaquez avec la mue. Votre adversaire verra que, clairement, vous n’avez pas peur de sa 2/2. Au minimum, il va avoir l’impression que vous n’accordez pas d’importance à votre créature (désinformation) et, au mieux, il pourra même croire que vous avez un moyen de la sauver, parce qu’il s’agit d’un Voyant des fonds marins. Résultat : votre adversaire prend deux points de dommage et n’envisagera jamais de passer une Canonnade orque sur votre mue. Faire deux points de dommage tout en mettant à l’abri votre Changeforme vésuvéen ? Plutôt un bon tour.

Une information peut en cacher une autre

Il s’agit d’une technique assez commune à l’époque du bloc Ravnica quand Transmutation était un moyen pouvant donner une bonne quantité d’informations contrôlables à l’adversaire. Par exemple, jetez un œil à cette situation de jeu :

Adversaire : 2x Montagne, 3x Forêt, Guivre Briserue (le tout engagé)
Vous : Aqueduc de Dimir, Basilique d’Orzhov, 2x Marais, Île, Plaine (Toutes dégagées)
En main : Perplexité, Pillori des éveillés (un autre Pilori dans le deck)

Le choix de jeu dépend du deck et de la table mais, si vous avez la chance d’avoir un deuxième Pilori dans votre deck, transmutez Perplexité pour le deuxième Pilori et jouez le immédiatement sur la Guivre. Cette option présuppose que Perplexité est une moins bonne carte que Pilori et que Pilori est la meilleure carte à trois manas qui reste dans votre deck, ce qui me semble deux suppositions très réalistes. Ici, le bluff réside dans le fait que les gens ne vont habituellement pas chercher des cartes qu’ils ont déjà en main, ce qui semble logique. L’avantage de la manœuvre est simple : votre adversaire va penser que vous n’aviez pas d’autre sort de gestion. Et que, donc, vous n’en avez plus. Ce qui constitue une bonne incitation à jouer directement sa meilleure créature plutôt que d’attendre, ce qui vous arrange et correspond plutôt à votre volonté de jouer votre sort de gestion sur la meilleure créature possible. Il n’y rien là de très impressionnant, ce genre de situations est, d’ailleurs, assez rare en limité, mais cela n’en est pas moins efficace. Si c’est contre intuitif pour vous, imaginez de quoi ça a l’air pour votre adversaire !

Le bluff sans risque

Adversaire : Mur de racines (dégagé)
Vous : Larve mortelle (dégagée)

Si l’on part du principe qu’il n’y a rien d’intéressant en jeu ou dans votre main, pour quelle raison n’attaqueriez-vous pas ? Il n’y a aucun risque pour vous, sauf si cela vous dérange que votre adversaire puisse échanger un sort de boost contre votre Larve. Selon toute probabilité, votre adversaire va bloquer et vous allez lui dire que c’est à lui, ou jouer une créature, ou autre chose. De temps en temps, votre adversaire aura tellement peur de perdre son Mur de racines qu’il préférera prendre trois points de dommage (tout en se sentant mal d’avoir fait ce choix). Cette chance de passer ces trois points vaut le coup d’être tentée puisqu’il ne peut rien vous arriver de négatif. De plus, ne pas attaquer revient à dire à votre adversaire que vous n’avez pas de sorts de boost. Bien entendu, si, en lisant ceci, vous vous dites ‘’Je n’ai pas envie que mon adversaire sache que j’ai un sort de boost’’, et bien, j’aime votre façon de penser.

Préparez son stylo

Ma technique préférée, et pourtant tellement simple. Imaginons que votre adversaire est en train d’envisager une attaque et que, justement, vous voulez qu’il le fasse. Quel est votre plan ? Prenez votre stylo et préparez vous à modifier votre total de points de vie. Les bons joueurs ne vont pas en tenir compte, bien entendu, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles ils sont bons. Mais pour une bonne majorité des joueurs, voir un joueur dépité avec un stylo à la main est un gros panneau lumineux et clignotant qui le pousse à attaquer. Il ne vous reste plus qu’à jouer votre Guépard royal, ou bloquer avec Slivoïde à filière, ou ce que vous voulez. Un mouvement silencieux mais porteur de beaucoup d’informations. D’ailleurs, les meilleurs bluffs sont ceux qui poussent l’adversaire à faire ce qu’ils ont, de toute manière, envie de faire. Tout ce dont ils ont besoin est d’être légèrement poussés.

J’espère que cette salve d’ouverture dans le monde excitant de la psychologie et des pièges a titillé votre curiosité. Magic est un jeu merveilleux qui bénéficie d’une communauté extraordinaire de joueurs. Jetez un œil aux reports d’événements de haut niveau, je suis prêt à parier que vous tomberez sur un bon nombre de matchs au cours desquels un bluff de qualité a permis à son initiateur d’obtenir un avantage sérieux. Cela fait partie du jeu et cela en est même une facette très agréable. Partagez sur le forum vos histoires préférées sur le bluff ! À la semaine prochaine et merci de m’avoir lu.

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