Progresser en Paquet scellé

Posted in Magic Academy on 9 Décembre 2006

By Wizards of the Coast

Cette semaine, nous allons reprendre où nous nous sommes arrêtés la semaine dernière. Alors, maintenant que vous connaissez les bases, quelle est la suite ? Sur quels points devons-nous porter notre attention pour progresser en Paquet Scellé ?

Le paquet scellé n’est pas un format que vous pouvez ‘’ casser ‘’. Vous ne pouvez pas maîtriser le metagame, tester tous les decks et, ensuite, construire le deck qui sera pile en avance sur le metagame, accompagné d’une réserve bien sentie. Contrairement au draft, vous ne pouvez même pas décider de favoriser un archétype en particulier et le forcer. Le paquet scellé est un format de compromis et de bricolage, où l’on doit prendre sur le moment les bonnes décisions. Tous les joueurs de la salle reçoivent un assortiment aléatoire de cartes et doivent sculpter un deck à partir de cette matière brute. La qualité de cette sculpture va déterminer s’ils vont finir avec un deck solide et fiable ou avec un sombre truc bancal.

Vu à quel point il est important d’optimiser au maximum la construction de son paquet scellé, il est primordial de placer les cartes de façon à ce que l’information soit la plus facile à appréhender. L’organisation est très importante en paquet scellé.

En gardant cela à l’esprit, voici 10 étapes générales que je suis lorsque je construis un paquet scellé :

1. Triez les cartes par couleur: ça, c’est assez intuitif. Je n’ai jamais vu quelqu’un ne serait-ce qu’essayer de construire un paquet scellé sans séparer les cartes par couleur .

Étalez chaque couleur en colonne de façon à voir au moins le nom de chaque carte.

Sift2. Enlevez les mauvaises cartes : Il faut concentrer son attention sur les cartes importantes. Mettez de côté toutes les cartes qui ont l’air mauvaises, et même celles qui sont à peine moyennes. Ne vous inquiétez pas, il n’y a rien de définitif, on reviendra sur ces cartes plus tard mais, pour le moment, nous voulons nous concentrer sur le haut du panier.

Ce processus n’a pas besoin d’être parfait, bien sûr. Son but n’est que de vous aider à penser.

3. Mettez les meilleures cartes devant : Identifiez vos bombes, vos meilleures créatures et vos cartes de gestion, et mettez les sur le dessus de la pile de leur couleur. Ces cartes sont des raisons majeures de vouloir jouer une couleur plutôt qu’une autre.

4. Premier bilan : Vous avez probablement, de facto, débuté cette étape pendant que vous vous occupiez des trois premières. Cependant, c’est maintenant le bon moment pour faire une petite pause, regarder avec attention vos cartes et en retirer quelques premières impressions.

Une bonne part de l’art du Paquet Scellé est de comprendre les spécificités propres à votre ensemble de cartes. Avez-vous remarquablement peu de cartes coûtant quatre manas ? Avez-vous beaucoup de cartes permettant un deck stable avec quatre ou cinq couleurs ? Manquez-vous de cartes de gestion ? Toutes ces questions (et bien d’autres) vont vous sauter aux yeux lorsque vous attaquerez votre première construction, mais vous pouvez commencer dès maintenant à remarquer des points importants. Essayez d’avoir une vision d’ensemble.

Le but principal de cette étape reste, cependant, de vous faire une idée générale, d’avoir une vision d’ensemble.

Voici certaines des questions que vous devriez vous poser :

    Index
  • Quelle est la force de chaque couleur ? Est-ce qu’il y a des couleurs incontournables (avec beaucoup de cartes jouables ainsi que des bombes) ? Est-ce qu’une couleur est injouable en tant que couleur principale (pas assez de cartes) ? Si c’est le cas, est-ce que certaines des cartes de cette couleur constitueraient un bon splash, en cas de besoin (quelques très bonnes cartes, jouables même en troisième couleur) ?
  • Est-ce qu’il y a des synergies évidentes ? Les bonnes interactions de deux cartes spécifiques ne doivent pas constituer le pilier fondateur d’un deck, mais elles peuvent indéniablement être prises en compte. Si vous savez que vous allez jouer bleu avec beaucoup de volants, est-ce que le blanc propose une belle quantité de cartes capables de bloquer le sol ?
  • Est-ce qu’une couleur est spécialement forte sur le long terme ? Que se passe-t-il si la partie s’englue ? Ici, vous devez envisager des solutions, soit avec des créatures évasives soit avec de potentiels ‘’gamebreakers’’.
  • Combien de couleurs inclure ? Est-ce qu’il y en a deux suffisament solides et bien fournies pour constituer à elles deux un deck ? Est-ce que l’on a deux couleurs bonnes mais requérant un petit soutien ? Ou alors, est-ce qu’une troisième couleur propose quelques cartes tellement fortes qu’il serait honteux de ne pas les jouer, d’autant qu’elles sont faciles à splasher ?

Avec cette première impression à l’esprit, vous devriez être prêt à faire une première tentative de construction. Faites une tentative avec la combinaison qui vous semble, a priori, la plus viable (par exemple ‘’ Bleu / blanc avec quelques cartes rouges’’).

5. Première tentative de construction : Disposez les cartes que vous pensez inclure dans le deck en respectant la courbe de mana.

Une courbe de mana est une autre méthode d’organisation. Elle est utilisée car elle permet de saisir en un coup d’œil les forces et faiblesses basiques d’un deck. Un bon deck utilise de façon optimale le mana, surtout en début de partie. Si un deck a quatre cartes qui coûtent 2 manas, seulement une à 3 manas et, ensuite, quatre qui coûtent 4, on peut facilement se rendre compte que l’on risque de se retrouver face à un problème récurrent au troisième tour et on peut tenter d’apporter des solutions.

Voici ce que vous devriez savoir pour organiser un deck en format limité le long d’une courbe de mana :

 

Careful Consideration
Ne vous limitez pas aux symboles du coin en haut à droite. Vous devez vous représenter le fonctionnement de votre deck dans la pratique et pas vous arrêter aux chiffres imprimés.

S’il n’est pas évident qu’une carte sera jouée dès que possible (Marteau volcanique, par exemple), ne l’incluez pas dans la courbe. En revanche, mettez toutes les créatures (à l’exception de quelques cas bizarres tels que Apprenti étincemage de Ravnica, que vous avez plutôt intérêt à garder au chaud pour le moment opportun). Placez dans la courbe les sorts pertinents, ceux que vous allez vouloir jouer dès que possible (Croissance luxuriante, Annexion, Manipulateur glaciare). Je ne place les piocheurs dans la courbe que s’ils me semblent y avoir logiquement leur place (c’est le cas d’Attention minutieuse, de Spirale temporelle , par exemple).

Même si une créature coûte deux manas, si vous savez que, pour une raison ou pour une autre, vous allez jouer cette créature le plus souvent à un autre tour, alors placez la dans la colonne de ce tour. Un bon exemple serait Animal imaginaire, qui ne peut raisonnablement pas présenter d’intérêt avant le cinquième tour environ. Un exemple un peu plus complexe de Spirale temporelle serait une créature avec suspension, comme Hallebardier Kelde. Même si en théorie Hallebardier Kelde coûte cinq manas, nous préférons, en général, plutôt la jouer avec suspension au premier tour. Nous la plaçons donc à cet endroit, pour montrer que nous avons quelque chose à faire au premier tour.

 

Keldon Halberdier
Quoi qu’il en soit, une fois que votre deck est étalé, examinez le. Quelles sont vos impressions ?
  • Avez-vous assez de créatures pour chaque moment clef (tours 2, 3 et 4) ?
  • Est-ce qu’il y a trop de sorts chers ?
  • Est-ce que la qualité globale des cartes est suffisante ?
  • Est-ce qu’il y a assez de cartes (22-24)? Est-ce qu’il y a trop de cartes? (Aurions-nous, dans ce cas, un splash superflu ?)
  • Est-ce qu’il y a assez de cartes de gestion ? (Si le deck est confronté à un permanent lui posant problème, comment réagira-t-il ?)
  • Est-ce que les contraintes de manas sont trop lourdes ? (Y a-t-il beaucoup de cartes demandant plus d’un mana coloré ? Ces cartes sont-elles concentrées dans une seule couleur ou dispersées ?)

Fondamentalement, la question que vous devez vous poser est : Est-ce que ce deck a l’air fort ? Et sil la réponse est non, alors pourquoi ?

Avec tout ceci à l’esprit, vous pouvez retourner au fourneau en ayant une meilleure idée de ce que vous cherchez, exactement.

(Cette étape serait probablement bien illustrée par un exemple, nous y reviendrons bientôt !)

6. Deuxième bilan : Chaque paquet scellé a ses faiblesses, comme une insuffisance de cartes à deux manas. Plus vous trifouillez dans le paquet de cartes, plus vous identifierez clairement ces faiblesses et plus vous serez capables d’y apporter de potentielles solutions.

C’est l’occasion idéale pour passer en revue les piles de cartes rejetées pour voir si une carte habituellement médiocre ne trouverait pas sa place dans le cadre spécifique de votre paquet scellé.

En gardant à l’esprit ce qui n’est pas parfaitement satisfaisant dans cette première construction, envisagez d’autres combinaisons de couleurs qui pourraient mieux fonctionner.

Battle_of_Wits 7. Tentatives de constructions suivantes : Essayez tout – enfin, tout ce que la limite de temps vous permet d’essayer. N’oubliez pas d’enlever ou d’ajouter les cartes qui ne sont viables que dans certaines combinaisons (les défenseurs blancs sont probablement utiles avec les volants bleus mais n’ont pas leur place aux côtés des thons verts).

Essayez d’évaluer les forces et faiblesses de chaque construction et demandez vous s’il y a un progrès par rapport aux précédentes. À la fin, et même si c’est souvent difficile, vous finirez par vous arrêter sur la combinaison de couleurs qui, selon vous, permet de retirer le mieux la substantifique moelle de vos cartes.

8. Finition : Une fois que vous avez décidé de la combinaison de couleurs, vous avez intérêt à investir un certain temps pour la finition de votre deck. C’est une nouvelle occasion de passer en revue les cartes qui n’ont pas été sélectionnées, à la recherche d’une gemme potentielle, et de faire les derniers choix.

Vous devriez connaître et comprendre votre deck maintenant – avec ses forces et ses faiblesses. Dans ce contexte, demandez-vous si chaque carte mérite effectivement sa place.

9. Décision finale : C’est votre dernière occasion d’arrêter les couleurs de votre deck avant de mettre les mains dans la base de mana.

Quelques vérifications ultimes :

  • Est-ce que chaque couleur garde sa raison d’être ? Bien souvent, je dégage initialement deux couleurs qui se démarquent nettement mais, au fur et à mesure que j’affine le deck, l’une des couleurs est tellement réduite qu’elle ne se justifie plus totalement.
  • Quelles sont les faiblesses de ce deck, et ai-je fait tout mon possible pour les limiter ? Est qu’il contient assez de créatures ? De cartes de gestion ? De créatures évasives ?
  • Est-ce que ce deck est ce qu’il y avait de mieux à faire à partir des cartes que j’ai reçues ? (C’est le genre de question que vous aurez à vous poser si vous avez eu, initialement, l’impression que vos cartes étaient très fortes alors que vous finissez avec un deck qui laisse un peu à désirer).

Si quelque chose ne vous convient toujours pas, et que vous avez le temps, approfondissez cette impression.

Sinon, vous avez fait de votre mieux. Souvenez vous que vous pouvez toujours travailler sur votre deck entre les rondes et à la maison pour essayer de voir si une autre construction aurait pu mieux fonctionner. Vous pouvez même utiliser la réserve pour totalement modifier votre deck après la première partie de chaque ronde, si vous le souhaitez.

10. La Base de mana : L’une des dernières étapes du processus de construction d’un jeu est de déterminer la base de mana. Parfois, il faut commencer plus tôt, pour évaluer la viabilité d’un deck de trois couleurs, ou pour déterminer les dernières cartes à sortir d’un jeu (par exemple, si vous savez que vous ne jouerez que peu de Plaines, il devient plus facile de couper un Chasseciel léonin).

La semaine dernière, nous avons abordé la base de mana du paquet scellé de façon générale. Il y a la méthode assez simple consistant à passer le deck en revue, mettre les terrains qui devraient permettre au deck de tourner avant de vérifier qu’il n’y a effectivement pas mieux à faire (en vous demandant si vous aurez assez de mana pour jouer la plupart de vos sorts aux tours où vous souhaiteriez les jouer). Cependant, si vous souhaitez tester une autre technique, voici quelques propositions – sautez ce passage si vous ne voulez pas trop compliquer les choses pour le moment.


Tous les doubles colorés ne naissent pas égaux.

L’une des techniques utilisées par les joueurs novices pour évaluer leurs besoins en mana coloré est d’additionner tous les symboles de mana que l’on trouve en haut à droite des cartes pour, ensuite, déduire de ces nombres les proportions de chaque type de mana à utiliser. Cette méthode est biaisée pour deux raisons.

Tout d’abord, le nombre de symboles de mana coloré que l’on trouve en haut à droite de la carte n’est pas un reflet fidèle de ses vrais besoins en terrains. Diablotin flétri est beaucoup plus contraignant (il demande d’inclure beaucoup plus de Marais) que Vent de peste. Ensuite, des proportions directes ne permettent pas d’atteindre nos objectifs : dans une partie, chaque terrain d’un type donné en plus du premier ou du second est redondant. Même si j’ai dix cartes noires dans mon deck pour une seule rouge, je préfèrerais probablement piocher une Montagne après mes deux premiers Marais. Afin d’avoir les meilleures chances possibles de jouer nos sorts au bon moment, nous devons garder à l’esprit ces deux aspects. Pour résumer, une base de mana est un subtil équilibre entre atteindre les bonnes proportions et obtenir le nombre minimum de chaque terrain permettant de répondre aux besoins minimums de mana coloré de chaque sort de notre deck.

Une méthode plus efficace et qui donnera une bonne vision d’ensemble des proportions nécessaires au fonctionnement d’un deck est la suivante : au lieu d’additionner les quantités brutes de symboles colorés, additionner des valeurs pondérées. Si une carte gagne à être jouée tôt dans la partie, augmentez ses contraintes de couleurs. Spectre hypnotiseur est une carte qui est d’autant plus forte qu’elle est jouée tôt. Dès lors, au lieu de d’évaluer sa contrainte comme étant , je la compterais comme . À l’inverse, pour tout ce qui coûte plus de 4, ou qui est hors courbe de mana, enlever un symbole de mana, ou un demi symbole (Djinn Mahâmot ? , peut-être et demi). Additionner ces valeurs pondérées donnera un résultat beaucoup plus précis sur les proportions de terrains à utiliser.

Hypnotic Specter
Mahamoti Djinn

Au bout d’un moment, vous finirez par suffisamment bien maîtriser les formats limités, de sorte que vous finirez par sentir intuitivement le nombre minimum de terrains, le nombre adéquat et le nombre optimal. Être capable de répondre aux grandes questions sur la simple base de son intuition permet de dégager beaucoup de temps pour la finition et pour les petites questions – un ou deux terrains de ce type en plus ou tel terrain en plus du minimum ou en dessous de l’optimal. Ne vous inquiétez pas si vous ne pouvez pas encore faire ça, cependant.

Pour l’instant, ne vous prenez pas trop la tête !

Tout cela peut vous paraître un peu impressionnant, surtout vu la limite de temps et la pression liée aux Avant premières et aux Tournois de qualification, mais la plupart des ces considérations vont devenir une seconde nature après quelques essais.

Une fois que vous maîtriserez le processus, l’optimisation de votre paquet scellé dépendra de votre capacité à évaluer les cartes et de votre vision globale du format… et c’est là que tout commence à devenir vraiment intéressant.

Mise en pratique

La semaine prochaine, je clôturerai ma série sur les paquets scellés avec une analyse pas à pas d’un paquet scellé Neuvième Édition, afin d’illustrer les étapes précédemment expliquées. Voici la liste des cartes à partir desquelles je travaillerai :

Magic Academy Sealed Deck Pool

1 Suntail Hawk
1 Samite Healer
1 Veteran Cavalier
1 Sanctum Guardian
1 Skyhunter Prowler
1 Wind Drake
1 Anaba Shaman
1 Aven Cloudchaser
1 Oracle's Attendants
1 Angel of Mercy
1 Aven Flock
1 Blaze
1 Boomerang
1 Mana Leak
1 Remove Soul
1 Pacifism
1 Time Ebb
2 Sift
1 Bottle Gnomes
1 Dream Prowler
1 Wanderguard Sentry
1 Angelic Blessing
1 Balduvian Barbarians
1 Blackmail
1 Blood Moon
1 Crafty Pathmage
1 Dark Banishing
1 Demon's Horn
1 Dragon's Claw
1 Elvish Berserker
1 Fear
1 Foul Imp
1 Giant Cockroach
1 Giant Spider
1 Goblin Balloon Brigade
1 Goblin Sky Raider
1 Gravedigger
1 Hill Giant
1 Holy Day
1 Karplusan Forest
1 King Cheetah
1 Llanowar Behemoth
1 Llanowar Elves
1 Mind Rot
1 Naturalize
1 Natural Spring
1 Norwood Ranger
1 Order of the Sacred Bell
1 Overgrowth
1 Panic Attack
1 Peace of Mind
1 Plague Beetle
2 Raging Goblin
1 Rampant Growth
1 Ravenous Rats
1 Razortooth Rats
1 Reflexes
1 Reminisce
1 Sacred Nectar
1 Sandstone Warrior
1 Sea's Claim
1 Seething Song
1 Slay
1 Spineless Thug
1 Sudden Impact
1 Verduran Enchantress
1 Will-o'-the-Wisp
1 Zodiac Monkey

C’est tout pour le moment, mais je vous invite à rester après le cours et à me rejoindre sur les forums.

Au revoir pour cette semaine/

Jeff

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