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Posted in Making Magic on 20 Mars 2017

By Mark Rosewater

Working in R&D since '95, Mark became Magic head designer in '03. His hobbies: spending time with family, writing about Magic in all mediums, and creating short bios.

Il y a deux étés de ça, j’ai écrit cinq articles dans lesquels j’ai revisité les philosophies du pentagramme des couleurs (blanc, bleu, noir, rouge et vert). Le pentagramme des couleurs est fondamental pour Magic car il forme l’échine des mécaniques et de l’ambiance.

Puis en novembre dernier, j’ai écrit un article dans lequel j’ai parlé des cinq paires de couleurs ennemies. Chaque couleur a deux ennemies et deux alliées, et dans l’article j’ai expliqué les raisons pour lesquelles chacune est en conflit avec ses deux ennemies et comment ces conflits sont interconnectés. Aujourd’hui je vais présenter les cinq autres appariements de couleur : les paires de couleurs alliées. Je vais expliquer pourquoi chaque paire d’alliées s’entend si bien tout en mentionnant également ce sur quoi elles ne sont pas d’accord.

Avant de me lancer, laissez-moi cependant résumer rapidement les philosophies de chaque couleur (extraites des articles auxquels je fais référence plus haut) :

Le blanc

Le blanc désire la paix.

Il perçoit la souffrance du monde autour de lui. Il y a tant d’individus qui doivent lutter quotidiennement, alors que le monde détient les ressources pour combattre ces souffrances. Il y en a assez pour que tout le monde obtienne ce dont il a besoin (plutôt que ce qu’il désire). La souffrance est une conséquence malheureuse des désirs égoïstes d’individus qui négligent le bien commun.

Le blanc veut créer un monde dépourvu de souffrance inutile, un monde où chaque individu vit la meilleure vie possible. Pour y parvenir, il faut enseigner aux individus l’importance d’agir dans l’intérêt du groupe, même si ces actions ne leur profitent pas personnellement.

Le problème de cette vision est qu’elle ne peut fonctionner que si tout le monde s’engage à atteindre le même objectif collectif. Dès que certains individus donnent la priorité à autre chose, comme par exemple leurs propres désirs, le plan s’écroule. Pour cette raison, le blanc doit déployer les grands moyens pour que le groupe comprenne le pouvoir qu’il détient et garde une vision d’ensemble de la situation.

Le blanc veut que ses motivations soient comprises par le plus grand nombre possible et qu’elles soient partagées. Mais le blanc sait que pour accomplir son grand objectif, certains individus vont devoir être guidés sur le bon chemin, plutôt que de le suivre de leur propre gré.

Le bleu

Le bleu cherche la perfection.

Le bleu est convaincu qu’à la naissance chacun de nous, telle une page blanche, a le potentiel de devenir n’importe quoi. Le but d’une vie est de trouver tout ce que l’on peut devenir avec la bonne éducation, l’expérience et les bons outils. Il ne s’agit donc pas d’un objectif à atteindre, mais d’une mission à poursuivre tout au long d’une vie. On est toujours capable d’améliorer, changer ou adapter quelque chose. Le chemin de la vie est une continuelle exploration des moyens pour s’améliorer.

Pour que les individus agissent ainsi, une société doit accepter et encourager ce comportement. Bénéficier de possibilités pour s’éduquer est essentiel. Il doit obligatoirement exister des endroits où l’on peut acquérir de l’expérience par le biais d’essais et d’erreurs. L’accès aux outils les plus sophistiqués doit être un droit fondamental pour tout citoyen.

Mais cette façon de vivre nécessite aussi une attitude appropriée. Il faut être ouvert aux possibilités, sans pour autant agir trop précipitamment. Le bleu reconnaît qu’il y a de nombreuses forces, certaines venant possiblement de l’intérieur, qui peuvent amener un individu à s’égarer. Le temps est une ressource précieuse, car il en faut obligatoirement pour pouvoir s’améliorer. Les individus doivent donc être prudents et réfléchis dans toutes leurs prises de décision. Il est préférable d’évaluer consciencieusement ses options et de faire le bon choix plutôt que de se précipiter sur l’un d’entre eux.

Le bleu est méthodique et précis. Quand on s’engage à devenir le meilleur individu possible, on ne peut pas se permettre de se tromper. Sauf si cette erreur apparaît dans un environnement contrôlé.

Le bleu veut s’améliorer, mais veut aussi perfectionner le monde dans lequel il vit. Ceci implique en partie que le bleu doit non seulement s’assurer l’accès aux ressources dont il a besoin, mais il a aussi la conviction que vivre dans un monde qui a atteint son propre potentiel fait intrinsèquement partie de sa propre quête pour atteindre le sien. De ce fait le bleu, la couleur qui s’intéresse le plus à la technologie, cherche toujours la dernière et la meilleure version de tout ce dont elle se sert.

Le noir

Le noir cherche le pouvoir.

Quand le noir regarde les autres couleurs, il remarque que chacune d’elles voit le monde comment elle voudrait qu’il soit. Le noir est le seul réaliste du lot, la seule couleur à observer et percevoir le monde tel qu'il est réellement. Un individu est libre d’avoir ce qu’il veut, du moment qu’il est capable de l’obtenir et de le garder. Cela signifie que le pouvoir est la ressource la plus importante, car il est LE facteur qui peut garantir votre capacité de contrôler votre vie, et par conséquent votre bonheur.

Tout le monde doit bien comprendre que le noir n’a pas rendu le monde cupide. Le monde l’était déjà et le noir a seulement appris comment y prospérer. Le noir a deux importants facteurs qui agissent en sa faveur. Premièrement, il comprend et accepte le système mieux que quiconque. Et deuxièmement, le noir ne s’impose aucune restriction qui rendrait sa course au succès plus difficile.

La philosophie du noir est très simple : Personne n’est plus apte à veiller sur ses propres intérêts que l’individu lui-même. Si tout le monde œuvre pour son intérêt propre, vous avez donc créé un système où chacun bénéficie réellement de quelqu’un pour veiller sur lui. De plus, le système du noir permet de donner à chacun une chance de réussir. Tout le monde réussira-t-il ? Bien sûr que non — mais là encore, ce n’est pas la faute du noir. C’est juste comme ça que le monde fonctionne.

Les faibles vont échouer. C’est pour ça qu’ils sont faibles. Faire quoi que ce soit pour les aider ne fera que prolonger l’inévitable, et augmentera le risque d’échouer à leurs côtés. Ça n’a rien de personnel. Le noir fait ce qu’il faut pour réussir. Si certains sont incapables de le faire, alors ils méritent ce qui leur arrive. D’autres y voient une profonde insensibilité, alors que le noir est simplement pragmatique.

Il y aura toujours ceux qui vont souffrir. Et encore une fois, le noir n'y est pour rien. C’est un fait incontournable de la vie. Le noir est simplement la seule couleur qui reconnaît la vérité et agit en conséquence.

Le rouge

Le rouge cherche la liberté.

Tout le monde semble s’interroger sur le sens de la vie. Pas le rouge, car il connaît déjà la réponse. Votre cœur vous dit ce dont il a besoin pour être comblé. Tout ce que vous devez faire est de l’écouter et d’agir en conséquence. Il n’y a pas de secret. Vous êtes littéralement bombardé de sentiments et d’émotions qui vous mettent sur la bonne voie. Le problème, c’est que toutes les autres couleurs ignorent le message.

La vie est une aventure et libre à chaque individu de vivre sa propre expérience. La clé est d’écouter ses émotions et de se laisser guider par elles. Riez quand vous êtes heureux. Pleurez quand vous êtes triste. Frappez quelque chose quand vous êtes en colère. Fuyez quand vous avez peur. Écoutez votre voix intérieure et vous pourrez faire l’expérience de tout ce que la vie peut vous offrir.

Trop d’individus vivent leur vie en mettant en question leurs choix passés. Pas le rouge. Il vit dans l’instant : le rouge est spontané et accueille chaque aventure comme elle se présente. Le rouge sait que, sur ses derniers jours, il pourra contempler une vie épanouie et sans regret. C’est ce qu’il veut — la possibilité de vivre sa vie en faisant ce qu’il doit faire.

Cela ne veut pas dire que le rouge est seul. Bien au contraire. Pour bien vivre sa vie, il faut aussi célébrer les relations. Le rouge connaît la passion, la loyauté, la camaraderie et le désir. Quand le rouge tisse des liens avec quelqu’un, ils sont forts et intenses. Que ce soit l’amour ou l’amitié, il sera toujours là quand vous aurez besoin de lui. Sauf bien sûr si la vie l’a conduit autre part pour un certain temps — mais quand il reviendra, il sera vraiment là pour vous.

Le rouge peut sembler un peu chaotique, mais c’est uniquement parce que les autres ne peuvent pas regarder dans le cœur du rouge. Ils ne peuvent pas sentir comment les émotions du rouge le guident. Vivre la vie au maximum demande beaucoup de persévérance et de ténacité mais le rouge répond toujours présent à l’appel.

Le vert

Le vert cherche l’acceptation.

Les autres couleurs se concentrent sur leurs moyens de changer le monde et de l’améliorer. Le vert est la couleur qui ne veut pas changer le monde, car elle est convaincue que tout y est déjà comme il faut. L’ordre naturel est quelque chose de magnifique et offre toutes les réponses aux questions de la vie. La clé est de prendre du recul et reconnaître ce qui se trouve déjà devant vous.

Chaque individu est né avec tout le potentiel dont il a besoin. Le secret d’une vie heureuse est de reconnaître le rôle que vous êtes né pour tenir et de l’accepter, de l’accueillir à bras ouverts. Faites ce que vous êtes destiné à faire. Le monde est un système complexe et chacun de nous a son rôle à jouer. Ce n’est pas non plus quelque chose qu’il faut essayer de deviner. Nous en sommes imprégnés, cela fait partie de nos gènes. Il suffit d’un peu d’introspection.

En plus, vous devez apprendre votre position dans un contexte plus vaste. La nature possède une structure merveilleuse. Une partie de la vie consiste à reconnaître le rôle qu’on joue et la manière dont ce rôle est connecté à la grande toile de la vie. Vous n’êtes pas seul. Vous faites partie d’un système complexe regorgeant d’interdépendances.

Le problème, c’est qu’il se passe tellement de choses qu’il est facile de perdre de vue ce qui est déjà là. Trop nombreux sont les individus qui se perdent tellement dans les détails de leur vie qu’ils ne pensent même pas à prendre du recul et à essayer de comprendre le contexte global. Le vert croit fondamentalement que les autres couleurs ne prennent simplement pas le temps d’apprécier ce qui se trouve déjà devant elles.

Des choses en Commun

Au dos de chaque carte de Magic (d’accord, de presque toutes les cartes de Magic, je vous ai à l’œil, les cartes recto-verso) se trouve un cercle des cinq couleurs connu sous le nom de pentagramme des couleurs.

Chacune des couleurs est alliée à ses deux couleurs voisines, et est l’ennemie des deux couleurs qui lui font face. « En voir de toutes les couleurs » avait parlé des cinq conflits, et c’est pourquoi nous allons parler aujourd’hui des cinq alliances. »

L’importance de faire preuve de retenue (blanc et bleu)

Pour comprendre l’alliance entre deux couleurs, nous commençons toujours par observer leur ennemi commun. Pour le blanc et le bleu, il s’agit du rouge. Le rouge, cela signifie être impulsif, suivre son instinct et écouter son cœur. Le rouge est imprévisible et spontané. Il se concentre sur le court terme et s’inquiètera du long terme quand à un moment donné dans l’avenir il deviendra le court terme.

De l’avis du blanc et du bleu, c’est dangereux. Pour le blanc, qui se concentre sur le bien-être de la société dans son ensemble, ce type de comportement conduit à des actes égoïstes sabotant le contrat social qui encourage tout le monde à agir dans l’intérêt de la société. Pour le bleu, concentré sur son but de devenir le meilleur, ce type de comportement conduit directement à des choix insensés qui sapent la capacité de maximiser votre potentiel.

L’alliance du blanc et du bleu tourne donc autour de la retenue. Rien ne doit être entrepris sans une mûre réflexion. Pour le blanc, cela consiste en des facteurs comme la planification, l’organisation et la stratégie. Afin d’agir dans le meilleur intérêt de la société, vos réflexions doivent anticiper plusieurs étapes et ainsi s’assurer que vous utilisiez vos outils d’imposition de l’ordre de la manière la plus efficace. Pour le bleu, l’accent est mis sur l’observation, l’évaluation et la prévision. Pour trouver la meilleure voie vers l’optimisation, vous devez être calme et méthodique et vous assurer d’analyser correctement chaque élément avant de prendre votre décision.

Quand le blanc et le bleu s’assemblent, ils se concentrent sur l’élaboration du plan qui a les meilleures chances de succès à long terme. Ils déterminent ce qu’ils veulent atteindre, puis planifient chaque étape précédente qui doit être mise en œuvre pour accomplir la tâche choisie. Cela rend blanc et bleu lents, réactifs et très concentrés sur les détails, mais quasiment imbattables si leur plan n’est pas contrecarré.

Pour comprendre sur quoi le blanc et le bleu ne sont pas d’accord, il faut observer leurs autres alliés. L’autre allié du blanc est le vert et l’autre allié du bleu est le noir. Cela signifie que le conflit au sujet duquel ils divergent, c’est la libre volonté face à la destinée. Le bleu est convaincu que les gens ont le pouvoir d’influencer et la capacité de contrôler ce qu’ils font. Le blanc pense que les personnes doivent adopter certains rôles pour garantir une meilleure société. Le bleu est convaincu que les décisions d’un individu devraient maximiser son propre potentiel, alors que le blanc est persuadé que chacun devrait maximiser le bien-être du groupe.

L’importance d’avoir le choix (bleu et noir)

L’ennemi commun au bleu et au noir est le vert. Pour le vert, il s’agit d’accueillir le monde comme il est et de comprendre que chacun a un rôle à jouer au sein d’un écosystème plus vaste. Vous êtes né pour devenir celui que vous êtes et remplir votre rôle prédéterminé. Ce n’est pas quelque chose que vous décidez, mais plutôt quelque chose de décidé pour vous dès votre naissance.

Le bleu et le noir ont une aversion envers l’incapacité d’un individu d’avoir son mot à dire au sujet de son identité et de sa destinée. Pour le bleu qui a comme objectif de maximiser son potentiel, cela empêche les gens de décider qui ils veulent être, sabotant l’objectif ultime du bleu, sa recherche de la perfection. Pour le noir qui cherche des moyens d’étendre son influence, cela emprisonne les gens dans une voie très étroite, ce qui sabote l’objectif ultime du noir d’amasser du pouvoir.

L’alliance du bleu et du noir s’articule donc autour de la liberté de choix. Il s’agit d’offrir aux gens la possibilité de déterminer eux-mêmes qui ils sont et ce qu’ils veulent faire. Pour le bleu, cela se manifeste surtout à travers des aspects comme des décisions complexes, l’adaptabilité et le changement. Pour atteindre votre plein potentiel, vous devez avoir accès à un grand choix d’options, puis avoir la possibilité de changer en cours de route si cela ne convient plus. Pour le noir c’est une question de motivation, d’opportunités et d’implacabilité. Pour gagner l’accès à ce qui vous confèrera le contrôle, vous devez pouvoir choisir votre propre voie, quels que soient les obstacles qui se présentent à vous.

Quand le bleu et le noir se mettent ensemble, leur objectif est d’élaborer un plan qui leur permet à la fois de rester ouverts pour avoir autant d’options que possible à leur disposition, tout en brouillant les cartes sur leurs réelles intentions. Ils veulent gagner de manière à laisser l’adversaire dans le doute sur la façon exacte dont ce dernier a été battu. La clé pour faire fonctionner ce plan est d’être prêt à faire tout ce qu’il faut pour gagner, tout en étant capable de s’adapter. Cela rend le bleu et le noir plus difficiles à anticiper mais certains aspects de leurs plans s’égareront certainement.

L’autre allié du bleu est le blanc et l’autre allié du noir est le rouge, ce qui définit leur conflit comme étant celui de la liberté face à la sécurité. Le noir trouve que tout le monde a le droit de faire ce qu’il veut, et c’est pour cette raison qu’il désapprouve toute mesure (ne venant pas de lui) qui limite les libertés ou les opportunités. Le bleu est convaincu que si on laisse faire le chaos, celui-ci risquera de devenir une menace pour son propre développement personnel, et c’est pourquoi le bleu soutient des améliorations du groupe qui peuvent garantir le contrôle sur des individus problématiques. Le noir pense que la souffrance individuelle des faibles est un coût acceptable pour permettre aux puissants de s’épanouir. Le bleu pense qu’un des rôles de la société est de garantir la sécurité, permettant à chaque personne de se tourner vers l’intérieur sans avoir à s’inquiéter de menaces venant de l’extérieur.

L’importance de l’individualisme (noir et rouge)

L’ennemi partagé du noir et du rouge est le blanc. Le blanc veut donner la priorité aux besoins du groupe. Il pense que chaque personne devrait prendre ses décisions non pas basées sur ce qui lui profite individuellement, mais plutôt sur ce qui est avantageux pour toute la société, même si cela lui cause personnellement du tort.

Le noir et le rouge détestent l’idée qu’un individu soit forcé de prendre des décisions qui lui seront désavantageuses. Pour le noir, dont le but est d’acquérir le pouvoir à n’importe quel prix, une telle décision va à l’encontre de son objectif ultime. Pour le rouge qui veut être libre de suivre ses impulsions, cela l’obligerait à regarder vers l’extérieur plutôt que vers l’intérieur.

L’alliance du noir et du rouge tourne donc autour de l’individualisme. Il s’agit d’avoir la capacité de donner la priorité aux décisions personnelles. Pour le noir cela se concentre sur des facteurs comme le mérite, l’initiative et l’estime de soi. Pour bien motiver quelqu’un, il faut avoir la possibilité de récompenser les plus méritants. Pour le rouge, cela se concentre sur des facteurs comme la passion, l’enthousiasme et la motivation. Afin de pouvoir suivre sa vocation il est essentiel de pouvoir répondre à ses impulsions.

Quand le noir et le rouge se réunissent, ils se concentrent sur l’élimination de toute restriction. Ils sont impulsifs et brutaux, faisant tout ce qui s’avère nécessaire pour exécuter le plan envisagé. Ils présentent un équilibre entre menaces et réponses. Cela rend le noir et le rouge dangereux mais les expose à des menaces plus subtiles.

L’autre allié du noir est le bleu et l’autre allié du rouge est le vert. Le conflit au sujet duquel ils divergent est donc celui de l’inné contre l’acquis. Le noir est persuadé que les individus ont la capacité de déterminer leur avenir, qu’à travers l’exploitation impitoyable des opportunités ils peuvent forger leur propre destin. Le rouge cherche son inspiration en lui-même et est donc convaincu que l’essence même de la motivation d’une personne est innée, plutôt qu’acquise. Le noir pense que les individus sont capables de devenir ce qu’ils choisissent de devenir. Le rouge pense qu’une personne n’est que la somme de ses impulsions et qu’il faut donc apprendre à s’accepter tels que nous sommes.

L’importance de l’intuition (rouge et vert)

L’ennemi commun du rouge et du vert est le bleu. Le bleu veut utiliser la raison pour collecter des informations et maximiser son propre potentiel. Comme le bleu se concentre tellement sur la prise des bonnes décisions, il est lent et méthodique, se fiant à son intellect pour arriver à chaque fois à la conclusion qui s’impose. Ceci conduit le bleu à adopter une approche froide et calculatrice, évitant tout processus interne qui pourrait l’égarer.

Le rouge et le vert n’aiment pas l’idée de ne pas devoir écouter son cœur ou ses tripes, que la bonne façon de vivre soit de ne jamais écouter aucune voix intérieure. Pour le rouge, qui écoute toujours ses émotions, un tel désaveux des impulsions est insultant et contre-productif. Pour le vert qui accueille ouvertement son côté naturel, l’idée d’abandonner ses instincts est une insulte en opposition directe avec ses valeurs fondamentales.

L’alliance du rouge et du vert tourne donc autour de l’intuition. Il s’agit de respecter l’idée que toutes les créatures sont nées avec des qualités innées qui peuvent les accompagner tout au long de leur vie. Pour le rouge, cela tourne autour de facteurs comme les émotions, la spontanéité et les désirs. Pour vivre sa vie pleinement, il faut regarder profondément en soi et écouter ses impulsions. Pour le vert, c’est une question de facteurs comme les intuitions, l’alignement et les connexions. Pour pouvoir grandir il faut accepter les cadeaux que la nature nous offre et s’en servir pour trouver sa vocation.

Quand le rouge et le vert s’assemblent, leurs liens indéfectibles avec leurs impulsions et instincts leur permettent d’agir avec une célérité que les autres seront incapables d’égaler. Ils se servent aussi de leur côté sauvage pour attaquer avec une férocité hors pair. Le revers de cette méthode est qu’ils ne disposent pas de stratégie alternative si l’approche agressive se trouve contrée d’une manière ou d’une autre.

L’autre allié du rouge est le noir et l’autre allié du vert est le blanc, ce qui les met en conflit face à la question du bien du groupe face au bien de l’individu. Le vert croit en l’interconnectivité de la vie, que toutes les créatures font partie d’une toile plus vaste. Le vert voit donc l’importance d’observer une perspective globale et de respecter le rôle joué par chaque créature. Le rouge croit que chaque individu a sa propre voie, et que l’objectif de la vie est que les créatures doivent se concentrer sur le rôle qu’elles jouent. Aux autres de se débrouiller de leur côté — le devoir du rouge est de s’occuper de lui-même.

L’importance d’être responsable (vert et blanc)

L’ennemi commun du vert et du blanc, c’est le noir. L’objectif du noir, c’est de découvrir et exploiter des opportunités pour maximiser sa capacité à façonner son rôle dans le monde. Le noir se donne la priorité et prend toujours ses décisions en fonction de ce qui fait au mieux avancer sa cause. Il résulte de cette façon de réfléchir que le noir est prêt à tirer avantage d’autrui si cela l’aide à atteindre le pouvoir qu’il convoite.

Le vert et le blanc n’aiment pas l’idée qu’on puisse vouloir sacrifier d’autres personnes pour faire avancer ses propres intérêts. Pour le vert, qui croit fermement en la grande toile de la vie, cette propension à sacrifier les autres représente une menace pour l’ordre naturel. Pour le blanc, dont la priorité est de protéger le groupe, cet égoïsme encourage les gens à agir de manière dangereuse et destructive.

L’alliance du vert et du blanc est donc celle de la responsabilité. Il s’agit de reconnaître qu’on joue un rôle dans un cadre plus large et de réfléchir à la façon dont nos propres actions affectent ceux qui nous entourent. Pour le vert, il s’agit de choses comme l’interdépendance, la symbiose et la destinée. Chaque créature remplit un rôle dans l’écosystème complexe de la nature, et perturber ne serait-ce qu’un élément peut avoir des conséquences catastrophiques. Pour le blanc, il s’agit de facteurs comme la société, l’altruisme et le bien général. Le bien-être du groupe doit surpasser le bien-être de l’individu, sinon les impulsions les plus basses mèneront la société à sa ruine.

Quand le vert et le blanc se regroupent, ils tirent profit de la force du groupe. En travaillant ensemble une horde de créatures peut devenir quelque chose de plus grand que la somme de ses différentes composantes. Elles peuvent additionner leurs forces et finir par venir à bout de n’importe quelle défense. L’inconvénient de cette approche, c’est qu’il faut du temps pour assembler un groupe, et des ennemis agissant de manière plus indépendante peuvent parfois prendre le vert et le blanc de vitesse.

L’autre allié du vert est le rouge et l’autre allié du blanc est le bleu, ce qui fait de leur conflit celui entre la tête et le cœur. Le vert est convaincu que chaque individu vient au monde dans le rôle de sa vie, avec tous les attributs qui lui sont nécessaires pour accomplir sa mission. Cela signifie que la clé pour le succès est d’agir en suivant son instinct. Le blanc pense que le vrai rôle de chaque individu est de contribuer au bien-être du groupe. Pour y parvenir, on doit surpasser ses propres impulsions et utiliser son intellect pour déterminer comment contribuer au mieux.

Relier les points et faire le lien

La clé pour comprendre les motivations d’une couleur est d’observer l’intersection de ses deux alliances.

Le blanc

Le blanc, c’est la responsabilité et la retenue. Vous avez un rôle à remplir, et pour bien atteindre vos objectifs vous devez respecter la structure qui vous permet de faire ce qui est nécessaire et faire progresser la cause de la société dans son ensemble. La voie vers la paix est d’accomplir son devoir par la discipline personnelle.

Le bleu

Le bleu, c’est la retenue et le choix. Pour maximiser votre potentiel, vous devez être très studieux dans l’exploration de toutes vos options. Ceci nécessite un dévouement au processus d’une évaluation minutieuse et une ouverture d’esprit à l’idée qu’il existe une multitude de trajectoires futures. La clé de la perfection est l’acceptation de la nécessité d’être méthodique et capable de s’adapter.

Le noir

Le noir, c’est le choix et l’individualisme. La clé du succès est de comprendre qu’il faut avoir la volonté de faire tout ce qu’il faut pour atteindre votre but avant tout. La capacité de façonner votre vie n’est limitée que par votre capacité de voir où vous devez aller et de ne reculer devant rien pour y parvenir. La clé pour atteindre le pouvoir est la flexibilité et l’égoïsme.

Le rouge

Le rouge, c’est l’individualisme et l’intuition. Si vous voulez être heureux, vous devez regarder en vous-même et écouter votre corps vous dire ce dont il a besoin. Agir pour satisfaire ses impulsions, voilà la route vers une vie réussie. La clé pour la liberté est de vous faire confiance à vous et à vos sentiments.

Le vert

Le vert, c’est l’intuition et la responsabilité. Pas besoin de chercher une réponse, tout est déjà là devant vous. Vous êtes né avec des capacités et un rôle à jouer dans la vie — il vous suffit de les reconnaître et de les accueillir à bras ouverts. La clé de l’acceptation, c’est d’assumer qui on est et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour remplir son rôle au sein de l’écosystème.

Jouer gentiment

Et voilà pourquoi, en plus ou moins cinq mille mots, les alliés s’entendent si bien. J’adore naturellement le pentagramme des couleurs, et j’ai donc doublement hâte d’entendre vos réactions au sujet de l’article et du thème d’aujourd’hui. Vous pouvez m’envoyer un e-mail ou me contacter par n’importe lequel de mes comptes sur les réseaux sociaux (Twitter, Tumblr, Google+ et Instagram).

Rejoignez-moi la semaine prochaine quand je vais faire une échelle du déluge des deux blocs Innistrad.

D’ici-là, je vous souhaite de vous entendre aussi bien que les couleurs alliées.


 
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