L’impénétrable Sombrelande

Posted in Feature on 31 Mars 2008

By Wizards of the Coast

Cendrillon avait des sœurs qui se sont coupées des orteils pour chausser la pantoufle de verre et ont eu leurs yeux arrachés par des oiseaux lors du mariage de l’héroïne. Les jambes de la petite sirène lui donnaient l’impression de marcher sur des couteaux avec chaque pas et elle se transformait en écume parce qu’elle n’a pas d’âme. Dans le conte ‘Le fiancé voleur’, lors de la réception de son mariage, une jeune femme condamne son cannibale de futur mari à la mort en exhibant un doigt sectionné d’une des victimes malchanceuses de son fiancé. Voici le genre d’histoires qu’on racontait jadis aux enfants à travers toute l’Europe.

Les contes de fées n’étaient pas toujours les petites histoires rigolotes et innocentes auxquelles on pense aujourd’hui. Jadis, ils étaient un avertissement destiné aux enfants pour être sage, ou respecter des normes culturelles ; les conteurs n’hésitaient pas à utiliser la peur pour faire passer leur message. Ces histoires furent peuplées d’horribles monstres, de morts violentes et d’abominables destins : voici les contes dont l’atmosphère de Sombrelande s’inspire. C’est le coté sombre des contes de fée, ceux racontés par les frères Grimm, remplis d’yeux qui brillent dans l’ombre, de lutins avilis et d’une nuit qui ne prendra jamais fin.

Sombrelande était autrefois le monde de Lorwyn – en fait, dans un certain sens, il l’est toujours. Ceci est une version du monde tout aussi réelle que celle que vous avez vu dans le bloc Lorwyn mais grâce à la Grande Aurore, tout a changé. Les terres autrefois inondées de soleil se trouvent dorénavant plongées dans une angoissante nuit de brouillard perpétuelle, avec la lumière de la lune comme seule source pour éclairer les cieux. Des eaux autrefois claires sont devenues stagnantes et glacées. Les vents hurlants font craquer les branches cassantes des arbres pourrissants. La vie, jadis abondante, survit difficilement ou se voit mutée en une chose vicieuse et cruelle. Ce n’est pas un monde de désespoir mais de terreur étouffante et de mort omniprésente.

Les races principales de Lorwyn existent toujours (mais attention, le bloc Sombrelande n’est PAS basé sur les types de tribus ou de créatures !), comme c’est le cas pour la plupart des individus dont vous avez fait connaissance, mais la majorité d’entre eux a aussi changé. En général, ils n’ont aucun souvenir de Lorwyn. Pour eux, Sombrelande est tout ce qu’il y a et tout ce qui a jamais existé. Un changement aussi dramatique dans le monde est assuré de causer d’aussi drastiques changements chez ses habitants. Cependant, comme vous allez le voir, il y a juste assez de points communs entre Sombrelande et sa contrepartie plus ensoleillée pour rendre les différences plus marquantes encore.

On commencera avec les elfes, car ils sont ceux qui se rapprochent le plus des ‘bons gars’ parmi ce que Sombrelande a à offrir. Comme pour les elfes de Lorwyn, la beauté leur importe beaucoup. Cependant, pour les elfes de Sombrelande, celle-ci est plutôt un symbole ou un signe de vie, d’abondance et de lumière –choses qui font cruellement défaut dans ce plan si sombre. Constamment enveloppés de noirceur et de laideur, ils se voient investis de la mission de trouver et de préserver les quelques restes de beauté que ce monde tordu peut leur offrir. Pour en savoir plus sur les elfes (tant au sujet de l’ambiance qu’au sujet des cartes), allez lire l’article de Doug Beyer de jeudi !

Là où les sangamis de Lorwyn étaient ouverts, ceux de Sombrelande sont fermés. Leur paranoïa extrême est à la source de tout ce qu’ils entreprennent. La tramepensée existe toujours mais la sensation permanente de danger ne fait qu’accentuer leur tension. Leurs contes et leurs traditions existent toujours eux aussi mais ne sont plus que des mises en garde apeurées envers les dangers et le mal qui rôdent derrière tout et tout un chacun. Leurs villes, appelées dounes, sont des forteresses armées jusqu’aux dents où ils se blottissent et attaquent tout ce qui s’approche d’eux, comme des animaux acculés. L’élément le plus triste dans tout ça est que, la plupart du temps, leur crainte est presque justifiée. Mais cette paranoïa garde aussi les sangamis isolés et paralysés, incapables de faire grand chose à part attendre le prochain assaut des ténèbres.

Les suires ne sont plus les gardiens des voies fluviales intelligents et bavards qu’ils étaient autrefois. En fait, les lacs et les rivières de Sombrelande sont en aussi mauvais état que le reste du monde. Ces suires sont en général des brutes sanguinaires qui patrouillent les eaux à l’affût de victimes. Leur égoïsme et leur jalousie sont tels qu’ils sont prêts à voler tout ce que les autres races chérissent. La ruse et l’habileté qui étaient leur apanage du temps de Lorwyn, ne se manifestent plus que dans le vol. Les bancs de suires ressemblent plus à des gangs criminels, chacun défendant son territoire et pillant selon ses capacités. Quelques suires explorent toujours les Méandres obscurs qui sont encore plus sombres, froids et inhospitaliers sur Sombrelande, et abritent des secrets encore plus noirs, froids et inhospitaliers.

Les scoriacés sont les êtres qui étaient connus comme sangpyres sur Lorwyn. Comme leur nouveau nom l’indique, ils ne brûlent plus avec la chaleur et l’intensité d’antan. Même si certains scoriacés peuvent toujours manifester leur colère sous forme de flammes, la plupart ont perdu leur feu permanent, étouffé en quelques misérables et squelettiques restes fumants. Selon la légende, leurs feux furent volés il y a longtemps par un traître appelé l’Extincteur et leur amertume n’a que grandi avec le temps. Maintenant, ils veulent que le monde entier souffre comme ils ont souffert, en semant le chaos et la destruction jusqu’à ce que rien de bon ne subsiste. Même la mort ne peut étouffer leur haine.

Comme les arbres de Sombrelande, ses sylvins sont nus et tortueux, souvent porteurs d’une horrible et douloureuse infection connue sous le nom de Chancres. Les arbres sont indéniablement liés à la vie et l’abondance, des éléments qu’on ne trouve que difficilement dans ce monde. C’est pour cette raison que les sylvins végètent dans une sorte de ressentiment amer, emplis de dégoût pour leur propre condition. Ils haïssent la vie mais craignent toujours de mourir. Cette attitude ne fait que rendre les forêts de Sombrelande plus dangereuses. Vous y trouverez toujours des types de sylvin familiers, comme les chênes et les peupliers noirs mais ils auront changé et seront corrompus comme presque tout le reste dans ce monde.

Les Boggarts dans Sombrelande ne sont plus que des machines à bouffer décervelées. Ils n’ont plus l’intelligence ou l’envie de créer ne serait-ce que des histoires fantaisistes ou de faire respecter des règles. Une seule chose les intéresse : apaiser leur faim insatiable. Toutes leurs impulsions et instincts les poussent vers ce but irréalisable. Des simples pierres aux forêts et êtres vivants, tout peut servir de dîner aux boggarts, périssant sous leurs dents acérées et digéré sans pitié. Les terriers d’autrefois ont laissé place à de vagues regroupements nomades qui se livrent à de dévorantes frénésies, transformant en terres désolées tout ce qui a la malchance de se trouver sur leur passage. Même dans ces conditions, ça ne prend que peu de temps avant que quelques boggarts ne lorgnent vers leurs congénères avec un regard affamé.

Les færies du peuple fée sont capricieux, espiègles, vaniteux et perçus par la plupart des autres races de Sombrelande comme nuisibles. Leurs mauvais tours sont en général plutôt innocents mais toujours embêtants et embarrassants. Vous avez un sentiment de déjà-vu ? J’ai utilisé exactement ces mêmes mots pour les décrire dans mon article de Lorwyn. En fait, le peuple fée est la seule race qui n’a pas changé d’un iota durant la transformation et continue de voler les rêves et jouer des tours comme toujours. Le Vallon d’Elendra, le foyer du peuple fée, est toujours le luxuriant endroit animé qu’il était sur Lorwyn, un contraste on ne pourrait plus prononcé avec le reste du monde. Oona, la reine des færies, est un des rares êtres à se rappeler de Lorwyn et à connaître les secrets de l’Aurore, un savoir qu’elle utilise à son avantage.

Bien que les géants ne soient pas fous, il est indéniable que ce nouveau monde les a rendu un peu dingue. Leurs âmes sont abattues par les dangers permanents qui accompagnent leur statut d’être les plus grands et les plus forts du coin. Pour cette raison, ils agissent de façon irrationnelle et parfois violente. Certains essaient de ‘réparer’ le monde d’une manière qui ne fait qu’apporter plus de destruction et de souffrance. D’autres asservissent des races, espérant juste créer un monde meilleur pour eux-mêmes. D’autres encore fuient leurs problèmes par de longs sommeils, se délectant dans des rêves agréables, mais qui, à leur grand dam, prennent toujours fin.

Finalement, quelques petites remarques pour arrondir le tout. De Grands élémentaux rôdent toujours sur Sombrelande. En général, ils sont eux aussi corrompus et tortueux, incarnations des peurs et des cauchemars. Les épouvantails sont des constructions des sangamis insufflées d’une vie magique. Ils n’ont pas de réelle intelligence ou même de place en ce monde, se contentant de parodier les intentions de leurs constructeurs. Mais qui peut connaître les plans que prépare leur sombre roi ?

Ne pensez pas que les races de Sombrelande se limitent à ceci. Il y a beaucoup d’autres sortes de bestioles qui infestent la pénombre, leur existence à peine effleurée dans les textes d’ambiance. Leur temps n’est pas encore venu d’apparaître sous la lune blafarde.

Passons aux livres. Comme Doug Beyer l’a déjà mentionné, l’extension Sombrelande n’a pas son propre roman. La trilogie traditionnelle se conclura avec le roman de Coucheciel. Au lieu de cela, le livre de Sombrelande sera une anthologie de nouvelles au sujet du plan et de ses habitants qui vous offrira une vision plus large et une impression plus complète de ce qui se passe et ce qui a changé. Bien que la nouvelle ‘Ode to Mistmeadow Jack’ de Cory Herndon et Scott McGough poursuivra quelques éléments de l’intrigue des romans de Lorwyn, les autres nouvelles pourraient être uniquement centrées sur quelques personnes et lieux de Sombrelande. C’est l’occasion parfaite pour une immersion dans Sombrelande et y découvrir tout ce que ce monde peut offrir. La dernière anthologie de Magic remonte déjà à un certain temps mais Sombrelande est clairement un monde qui profite grandement d’une présentation à travers de multiples histoires courtes. Un achat obligatoire pour tous les fans de son histoire !

Maintenant, il est temps pour ma carte en avant-première. Comme beaucoup de choses dans Sombrelande, elle va vous paraître familière mais en même temps complètement nouvelle. Bien qu’il lui faudra attendre encore un peu avant de venir sur le devant de la scène, il n’y a pas de raison qu’on ne le fasse pas entrer dans le jeu en attendant.

Rhys the Redeemed

Naturellement, Rhys n’est ‘affranchi’ que pour ceux d’entre nous qui savent qui il était sur Lorwyn ; sa version dans Sombrelande a toujours été un guerrier hautement respecté. Le fait de vivre dans une société bienveillante et tolérante lui a permis de s’épanouir à un niveau insoupçonné de son ‘autre’ moi. Les premières choses que vous allez remarquer sont les symboles de mana. Allez jeter un coup d’œil sur l’article de Mark Rosewater pour en savoir plus à ce sujet. Il y a cependant beaucoup plus de choses à voir ici. Là où Rhys the Exiled (Rhys l’Exilé) dans Lèveciel était un attaquant agressif qui avait tendance à tuer d’autres elfes, le Rhys de Sombrelande prend une orientation complètement différente. Il préfère jouer un rôle de support en produisant des jetons elfe à n’en plus finir jusqu’à ce que le jeu en soit plein à craquer. C’est seulement à ce moment-là qu’il fera une Doubling Season (Saison de dédoublement), écrasant votre ennemi avec une avalanche de jetons. Naturellement, les deux Rhys fonctionnent très bien ensemble, mais Rhys l’Affranchi est spécialement efficace avec des cartes qui font de plus grands jetons comme Ajani Goldmane (Ajani Crinièredor) et Dragon Roost (Perchoir du Dragon). Vous feriez mieux de collectionner ces cartes d’insert de jetons ; vous n’en aurez jamais assez !

Comme avec Lorwyn, il se passe simplement trop de choses intéressantes pour les couvrir en un seul article. Vous en saurez beaucoup plus dans les semaines et les mois à venir (incluant un sujet plutôt inhabituel et intéressant concernant l’ambiance auquel j’ai contribué et que vous trouverez dans Sombrelande). Pour l’instant, amusez-vous à explorer les multiples coins sombres que Sombrelande vous offre. D’ici là, n’ayez pas peur du noir… Bon, d’accord, soyez effrayés…

Vous ne tiendrez pas jusqu’à la sortie de Sombrelande le 2 Mai? Ne ratez pas la première occasion de jouer avec des cartes de Sombrelande à la Prerelease (avant-première) les 19 et 20 Avril !

Traduction Alexandre Klesen

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